Mois : avril 2012

« Le plâtre m’a fascinée »

Si les œuvres d’ Armelle Gaudin sont la plupart du temps éphémères, ce n’est pas le cas de sa passion, laquelle n’est pas prête de s’éteindre. Armelle a vu le jour à Rezé, dans la proche banlieue de Nantes, et y a vécu jusqu’à l’âge de 19 ans. Elle fait ses premiers pas dans le domaine artistique dans la photographie, et c’est un studio nantais qui l’accueille pour développer et retoucher les photos. Puis elle découvre la poterie à la MJC de Saint Herblain avec Jacques Beaudouin comme professeur, lequel, à force de leçons et de persévérance lui fait découvrir la création de volumes. Jacques Denigot, avec lequel Armelle pratique le modelage, l’initie au bas relief fait de terres et de plâtre.

C’est sans doute la période du déclic.  » Le plâtre m’a fascinée, nous confie l’artiste. Je n’ai cessé de le travailler tout au long de ces dernières années, en liant le drap et le plâtre dans des formes toujours réinventées« . Car Armelle passe beaucoup de temps à réfléchir à ce qu’elle veut créer ainsi qu’à ses postures physiques afin de créer la forme souhaitée. C’est ainsi qu’elle noie ses draps dans le plâtre avant de les mettre en tension selon la forme voulue, opération pouvant durer entre 10 et 20 minutes.

« Mon corps entier est mon outil »

« Mon outil essentiel n’est ni le pinceau ni le burin … mais mon corps tout entier pour porter, soulever  et donner la forme désirée « , poursuit l’artiste. Et ce qui la passionne et la séduit toujours autant dans cette pratique artistique est le moment où tout se fige, se raidit pour donner naissance à son œuvre. Après voir longtemps pratiqué sa passion dans l’atelier collectif du CAL PTT, elle travaille désormais à domicile.  Les conditions de stabilité et d’hygrométrie étant essentielles pour la réussite de ses œuvres, le travail à l’extérieur est exclu.

Armelle Gaudin participe régulièrement à des expositions au CAL PTT, à la Maison des Hommes et des techniques, et depuis deux ans à l’occasion des ballades de Chantenay dans le jardin de Toto.

Et c’est avec beaucoup de plaisir qu’Armelle exposera pour 1jardin1artiste.

La passion est un désir qui se mue en plaisir, qui vibre à l’unisson d’un rêve que l’on touche du bout du cœur (Romain Guilleaumes)

Armelle Gaudin au travail


h3 style= »text-align: justify; »>« C’est toujours un plaisir de sculpter »

C’est à l’âge de 8 ans que François Chauvin a commencé la sculpture : Armé d’un tournevis et d’un couteau il sculptait les murs de sa chambre ! Le papier peint, décoré de soldats de l’armée napoléonienne, s’est rempli au fil du temps d’alvéoles. « Par endroit, çà finissait par ressembler aux coteaux de Vouvray, remplis de troglodytes et de caves » s’amuse l’artiste.

Quarante ans ont passé et sa passion pour la sculpture est intacte. « C’est toujours une à deux heures de plaisir par jour, rajoute François. C’est un aller-retour entre faire, tailler, poncer et … regarder, prendre de la distance, voir ce qui est utile pour soi et pour les autres, apprendre à jeter, trier, présenter ».

Tourangeau d’origine et par définition passionné par la Loire par tous ses aspects, pour François,  participer à la biennale d’ 1jardin1artiste est presque une évidence. « Il y a pour moi un rapport étroit entre la nature, la sculpture et les jardins, ajoute t-il. Je sculpte dans un jardin, le bois, le tuffeau, que j’affectionne vivent au rythme des saisons, se gorgent d’eau, sèchent, se fendent …« 

« Les sculptures prennent corps et vie »

Et déjà de nous révéler en avant-première ce que seront les sculptures qu’il exposera à Bel Air : « Ce sera un parcours en spirale qui va faire passer en trois groupes de sculptures, des sculptures des origines, à plat, sans formes précises, dans lesquelles on peut y retrouver des lettres de langues orientales, des statues anciennes, primitives, des symboles comme des autels, des radeaux …« 

Et de poursuivre que le second groupe sera celui des sculptures de l’homme, résolument masculines dans lesquelles on retrouve le sabre ou encore des élévations. Puis de finir par les sculptures de la vie qui commencent à se rapprocher de formes humaines, douces, rondes, organiques.

 » En fait c’est un cheminement lent, les sculptures s’incarnent, prennent corps et vie «  rajoute le sculpteur.

La pratique de la sculpture, du dessin au pastel et au fusain et des arts martiaux internes sont à l’origine de parenthèses qui prennent une place de plus en plus importante dans une vie professionnelle axée jusqu’à présent sur les Ressources Humaines.

Et de conclure : « Là aussi c’est une manière de créer des liens, de réunir, de partager et j’espère que ce n’est qu’un début « .

Plus d’informations sur François Chauvin ICI

François Chauvin ou le plaisir de sculpter

p style= »text-align: justify; »>C’est comme infirmière que Claire Lamour a débuté sa carrière professionnelle. Après une très riche expérience comme soignante en Colombie , elle décide de changer de métier et choisit une approche de la santé beaucoup plus créative, car comme elle le rappelle « l’art et la santé sont absolument complémentaires« . C’est ainsi que Claire a pu mener différents projets en associant des artistes (peintres, infographistes, comédiens, dessinateurs …) notamment auprès de jeunes en situation d’insertion sociale et professionnelle.

C’est dans un garage de la région parisienne que Claire découvre l’art de la mosaïque, en commençant seule à couper les tesselles achetées dans le commerce. « Mais très vite je me suis lassée de la matière, ajoute t-elle. Trop petit, trop plat, ni riche, ni lumineux … » C’est en arrivant à Nantes, i y a 12 ans, qu’elle découvre une autre manière de faire de la mosaïque et de pouvoir émailler. Aujourd’hui, Claire travaille dans son atelier les argiles rouges, noires et blanches et y invente des recettes. La découverte à Châteaubriant de schistes incroyables, oxydés, patinés, complémentaires avec les émaux lui offre alors l’incroyable plaisir de pouvoir mêler les couleurs et les matières, de marier la matité et le gris du schiste avec les infinies nuances de l’émail. Les compositions telles que celles que l’on pourra voir à Mauves sont nées. Il est dit que cette manière de travailler est unique …. A chacun de voir.

La réalisation de tableaux et fresques occupe son quotidien, mais l’artiste a aussi d’autres projets : la réalisation d’œuvres collectives avec les patients et soignants de l’hôpital Gauducheau à Saint- Herblain, avec les habitants du Pin Sec, quartier de Nantes, ou encore dans une maison de quartier à La Pilotière.  « Le « faire ensemble » offre un espace formidable, un moment convivial et créatif, se réjouit Claire. J’aime partager ce que j’ai appris de la matière. Les œuvres appartiennent à tous ceux qui y ont participé, et à tous ceux qui les regarderont« .

Claire est particulièrement heureuse d’exposer à Mauves-sur-Loire. Ses tableaux s’intègrent parfaitement dans un cadre naturel. « Ouvrir un jardin et y inviter un artiste est une grande chance pour tous, ajoute t-elle. L’habitant est un accueillant généreux, le visiteur accède à l’art d’une manière très libre, et l’artiste est toujours ravi de montrer son travail« .

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« Erosions »

Yannick Connan est né il y a quarante ans en Bretagne où il vit et travaille, au milieu de la forêt mythique de Brocéliande, au contact de Merlin, des fées Morgane et Viviane ou encore des Chevaliers de la Table Ronde. C’est dans cet endroit  où roches, bois et légendes se mêlent depuis des millénaires, que l’artiste travaille le granit et le bois, toujours autour du vide et du plein, de l’ombre et de la lumière, du poli et du rugueux.

Yannick Connan est parti du besoin de se confronter à des matériaux à structure élémentaire, minéraux, végétaux, qui préexiste à l’Homme et à son histoire, tout en fondant l’un de l’autre. Avec ses « Erosions », empilements de granits doucement colorés, il nous parle de l’usure du temps, de la mémoire sédimentée des matériaux, morceaux de l’histoire de la terre et de l’humanité. « Ces traces figées, fossilisées se font passage entre le macroscopique et le microscopique, fragments d’éternité » nous précise t-il.

« Sans titre »

Depuis longtemps Yannick cherche l’intériorité de la forme, en réalisant des trous, des cavités dans ses sculptures, puis des volumes entièrement évidés. « Avec la transposition de mes pièces en verre, ajoute t-il, je mets en évidence une quatrième dimension, un espace qui s’ouvre dans la forme« . Les sculptures n’ont pas de titre, donnant ainsi le plus de place à la rêverie et à l’inconscient du spectateur.

« Ce qui motive mon travail, poursuit-il, c’est l’intérêt pour la part d’universel que l’on porte en nous, ce qui nous permet, un moment donné, de trouver un point de rencontre au-delà des divergences de la sphère sociale ».

Lauréat du concours « Prix Célimène » à la Réunion, Yannick Connan expose régulièrement sur ses terres bretonnes, et participe également à des symposiums.

« Les sculptures disent-elles l’accélération du trou noir ou la décomposition d’un élément organique ? » La question est posée et nul doute que les visiteurs d’1jardin1artiste tenteront d’apporter des réponses à cette interrogation.

Plus d’information sur Yannick CONNAN ICI